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Rappels : relire les accidents de plongée (N3).

Au niveau 4, il est attendu une connaissance assez fine du mécanisme de chacun des accidents de plongée (exception faite de la narcose et de l’œdème pulmonaire d’immersion qui sont encore mal connus à ce jour).

Par ailleurs, la connaissance des symptômes, de la conduite à tenir et des consignes de prévention doit maintenant prendre en compte la plongée en situation d’encadrant, en compagnie de plongeurs potentiellement peu expérimentés.

Pour chaque item, les facteurs favorisant l’accident peuvent être listés en reprenant la liste des consignes de prévention, et en considérant le contraire.

Le protocole de secours

Relire le protocole de secours en cas d’urgence, dans le cours sur les accidents de plongée (N3).

Les accidents barotraumatiques

Le barotraumatisme de l’oreille, du sinus et de la dent

Mécanisme : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1).

Symptômes : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1).

Il faut guetter chez les plongeurs encadrés la moindre gêne, par exemple :

  • un plissement des yeux,
  • un arrêt de la respiration,
  • des manœuvres d’équilibrage visiblement forcées,
  • beaucoup d’agitation,
  • un doigt glissé dans l’oreille,
  • des mouvements de la mâchoire.

Plus les plongeurs sont jeunes, inexpérimentés et motivés pour plonger, moins ils signaleront facilement un mal d’oreille. Un plongeur qui remonte à toute vitesse de quelques mètres est potentiellement quelqu’un qui a forcé, espérant que la douleur passerait, et qui réalise que le problème ne fait que s’aggraver.

Un plongeur qui hésite dans sa réponse à la question “est-ce que tes oreilles vont bien ?” a peut-être une oreille qui est passée mais pas l’autre. Le risque est qu’il commence à ressentir des vertiges alterno-bariques.

Conduite à tenir :

  • Si un des plongeurs montre des signes de gêne aux oreilles, aux sinus ou aux dents sans le signaler, arrêter immédiatement la palanquée et remonter de quelques mètres.
  • En cas de mouvements désordonnés chez un plongeur, suspecter des vertiges et engager une remontée assistée.

Prévention :

  • Montrer l’exemple en effectuant une manœuvre de Valsalva très régulièrement pendant la descente, par exemple tous les 50 centimètres.
  • Au moindre doute quant au mal d’oreilles chez un membre de la palanquée qui n’oserait pas le signaler, prétexter un mal d’oreilles chez soi-même et remonter de quelques mètres.
  • En milieu peu profond et de relief accidenté, faire le maximum pour garder une profondeur constante et éviter un profil en yo-yo qui favorise le blocage des oreilles.
  • Montrer l’exemple en se rinçant les oreilles à l’eau douce après la plongée.

Le placage de masque

Mécanisme : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1).

Symptômes : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1).

Conduite à tenir : Cet accident est surtout constaté après la plongée, lorsque le plongeur retire son masque en surface. Lorsque c’est le cas, il faut envoyer l’envoyer voir un médecin rapidement.

Au moindre doute, il faut prendre la situation au sérieux, et éviter d’essayer de se convaincre qu’il s’agit juste de cernes dues à la fatigue. Il vaut mieux consulter un médecin pour une fausse alerte qu’endommager ses yeux parce que l’on a tardé à s’y rendre !

Prévention :

  • Surveiller que les plongeurs soufflent bien dans leur masque à la descente (en particulier les débutants). Si ce n’est pas évident à distinguer, leur dire expressément de le faire.
  • Montrer l’exemple en soufflant abondamment dans son propre masque.

La surpression pulmonaire

Mécanisme et symptômes : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1), les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

La dilatation de l’air dans les alvéoles pulmonaires entraîne, s’il ne peut s’échapper, l’étirement de leurs parois, qui se distendent progressivement. Si la situation s’aggrave, la détérioration de ces parois continue et peut mener à la rupture d’alvéoles, entraînant un passage de sang (issu des capillaires sanguins qui les irriguent) et de liquide interstitiel (normalement situé entre les alvéoles et les capillaires sanguins) au sein même des alvéoles. Les échanges gazeux ne peuvent plus se produire ou sont perturbés.

Par ailleurs, tout comme du sang peut passer des capillaires aux alvéoles, de l’air peut passer des alvéoles aux capillaires sous forme de bulles, qui circulent alors dans l’organisme : on parle d’embolie gazeuse. Ces bulles peuvent causer un accident de décompression.

Conduite à tenir : relire le cours sur les accidents de plongée (N3).

Prévention : La surpression pulmonaire est un accident redouté à faible profondeur chez les moins expérimentés, chez qui une remontée en panique sans avoir le réflexe d’expirer peut causer des dégâts pulmonaires importants. Une telle panique peut être causée par un peu d’eau qui fait irruption au bord des narines, suite à une tentative de vidage de masque ratée par exemple.

  • Ne pas presser les plongeurs et être extrêmement vigilant avec les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les plus stressés.
  • Montrer l’exemple pendant toute la remontée en faisant de grosses bulles bien visibles.
  • Surveiller l’expiration des plongeurs pendant la remontée.

La narcose

Mécanisme : relire le cours sur les accidents de plongée (N2).

Symptômes : relire le cours sur les accidents de plongée (N2).

Conduite à tenir : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Une différence dans la conduite à tenir par rapport aux plongées effectuées en autonomie au niveau 3 est que nous encadrerons maintenant des plongeurs niveau 2 à 40 mètres, donc potentiellement très peu expérimentés à cette profondeur. Il faudra alors redoubler de vigilance.

A la constitution des palanquées par le directeur de plongée, il ne faut pas hésiter à faire part de son inquiétude si l’on reçoit personnellement trois ou quatre plongeurs niveau 2 peu expérimentés à 40 mètres, ou n’ayant pas plongé récemment. Il suffit de deux plongeurs narcosés simultanément dans la palanquée pour que la situation devienne ingérable et s’emballe.

Prévention :

  • L’excès de dioxyde de carbone dans le sang favorise l’apparition de la narcose. Il faut donc limiter le risque d’essoufflement au minimum (lire l’accident suivant).
  • Il faut repérer tout signe extérieur de comportement étrange. Au moindre doute, remonter, même si le plongeur concerné dit que tout va bien.

L’essoufflement

Mécanisme : relire le cours sur les accidents de plongée (N1), les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Le mécanisme principal est un cercle vicieux, amorcé par la fatigue ou un effort violent :

  1. Un fort taux de dioxyde de carbone est détecté, donnant envie d’inspirer.
  2. Par réflexe, l’organisme se concentre sur de fortes inspirations, suivies d’expirations de plus faible amplitude (cela déplace progressivement la respiration vers l’utilisation d’un grand volume des poumons).
  3. Comme l’expiration est insuffisante, le taux de dioxyde de carbone continue d’augmenter.

Le mécanisme reprend ensuite à la première étape, et ainsi de suite. A la limite, les poumons sont gonflés au maximum. L’individu a pourtant l’impression de suffoquer car il ne parvient pas à expirer, étant trop concentré sur l’inspiration.

Symptômes : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Conduite à tenir : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Prévention : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

  • Il faut tâcher de limiter les efforts au maximum, avec une attention particulière chez les publics à risque : les très jeunes, les très âgés, les moins expérimentés, les moins entraînés, les fumeurs, etc.
  • Si à la constitution des palanquées, on constate que plusieurs personnes des publics cités précédemment sont dans notre palanquée, il faut en parler au directeur de plongée. Aucun plongeur ne sait gérer deux essoufflements simultanés.

L’œdème pulmonaire d’immersion

Mécanisme : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Symptômes : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Conduite à tenir : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Prévention : relire le cours sur les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

  • Accorder une attention particulière aux personnes âgées.
  • Ne pas surestimer les capacités physiques des plongeurs, surtout lorsque l’on est un nouveau guide de palanquée bien en forme qui vient de s’entraîner un an pour l’examen.

Les accidents d’apnée : syncope hypoxique et perte de contrôle moteur

Le guide de palanquée n’a aucune prérogative d’encadrement de la plongée en apnée. Ces éléments s’inscrivent dans une connaissance plus complète de l’ensemble des accidents liés à la pratique des disciplines subaquatiques, car les encadrants (guides de palanquée et moniteurs) sont des équipiers du directeur de plongée en piscine ou en mer, appelés à aider lorsqu’un incident se produit.

Ces accidents sont aussi cités pour expliquer les risques pouvant survenir lors de l’épreuve d’apnée à 10 mètres.

Mécanisme :

L’oxygène est consommé par l’organisme pour alimenter nos muscles et organes. Sa teneur baisse entre deux respirations. Nous n’avons aucun moyen de juger consciemment de la quantité d’oxygène restante dans notre corps. A l’inverse, le dioxyde de carbone est généré par l’organisme. Sa teneur augmente entre deux respirations. Dans le corps, cette teneur est mesurée par des récepteurs. Lorsque cette mesure de la teneur en dioxyde de carbone dépasse un certain seuil, nous ressentons l’envie de respirer, de plus en plus forte. En surface, cette détection permet d’activer le réflexe inspiratoire et permet donc la respiration automatique. La respiration permet de faire remonter le taux d’oxygène et redescendre le taux de dioxyde de carbone.

Remarque : Contrairement à une idée reçue, si l’on retient notre respiration, ce n’est pas le “manque d’oxygène” que l’on ressent, mais le trop-plein de dioxyde de carbone.

Lors d’une apnée, la quantité d’oxygène dans l’organisme diminue progressivement, tandis que la quantité de dioxyde de carbone augmente. Pour chacun de ces deux gaz, un seuil peut être mis en évidence :

  • Il existe un seuil au-delà duquel le taux de dioxyde de carbone est trop important, et donc au-delà duquel retenir notre respiration devient insoutenable.
  • Il existe un seuil en-dessous duquel le taux d’oxygène est trop faible : la quantité restante est concentrée sur la survie des organes vitaux (cœur, fonctions inconscientes du cerveau). L’alimentation du cerveau devient donc insuffisante pour assurer les fonctions conscientes : nous perdons connaissance, c’est la syncope.

Heureusement, la nature est bien faite : en temps normal, le premier seuil intervient avant le second. Nous arrêtons donc l’apnée avant de perdre connaissance.

Distinguons deux types d’apnée :

  • En apnée horizontale (en particulier en piscine) : Si un plongeur force sur une apnée, il se contraint à rester au fond alors que son taux de dioxyde de carbone a dépassé le seuil limite et provoque chez lui une forte envie de respirer contre laquelle il lutte. Le risque est d’ensuite de voir le taux d’oxygène dépasser, lui aussi, sa limite, ce qui provoquerait une perte de connaissance.
  • En apnée verticale :
    • A la descente, la pression absolue augmente, donc la pression partielle des gaz dans les poumons aussi. Ainsi, la pression partielle en oxygène dans les poumons augmente, donc la teneur en oxygène dans le sang aussi : cela peut provoquer une sensation de bien-être. La pression partielle en dioxyde de carbone dans les poumons augmente aussi, mais comme il s’agit du début de l’apnée, la quantité de dioxyde de carbone dans l’organisme est de toute façon assez faible.
    • A la remontée, l’inverse se produit : la pression absolue diminue. La pression partielle en oxygène dans les poumons chute, alors même que la quantité d’oxygène dans l’organisme est déjà faible (vu qu’il s’agit de la fin de l’apnée) : le transfert d’oxygène des poumons vers le sang est donc altéré. Le plongeur risque de perdre connaissance à l’approche de la surface. La pression partielle en dioxyde de carbone dans les poumons diminue aussi, alors que la quantité de dioxyde de carbone dans l’organisme est haute (vu qu’il s’agit de la fin de l’apnée) : le transfert de dioxyde de carbone du sang vers les poumons est augmenté, ce qui masque ainsi l’envie de respirer. Le plongeur a l’impression que tout va bien, alors qu’il est sur le point de perdre connaissance.
  • Dans les deux types d’apnée : L’hyperventilation est une technique consistant à préparer l’apnée par des respirations de petite amplitude et à haute fréquence. Elle fait chuter le taux de dioxyde de carbone dans l’organisme mais n’augmente pas le taux d’oxygène de façon adéquate. Au début de l’apnée, l’organisme dispose donc de moins de dioxyde de carbone que d’habitude mais pas d’un surplus équivalent d’oxygène. Pendant l’apnée, le taux du premier augmente – mais en partant d’une valeur très basse, tandis que le taux du second augmente – en partant d’une valeur pas ausi haute qu’elle le devrait. Le seuil de perte de connaissance peut alors intervenir avant le seuil signalant l’envie de respirer, provoquant la syncope.
Évolution des pressions partielles en oxygène et en dioxyde de carbone en apnée

La syncope (hypoxique) est une perte de connaissance liée au manque d’oxygène dans l’organisme. Le taux de dioxyde de carbone va continuer d’augmenter dans son organisme pour atteindre le seuil de réflexe inspiratoire. Lorsque c’est le cas, le corps reprend une respiration automatique, tout en restant inconscient, jusqu’à réoxygénation correcte du cerveau. Si cette reprise inspiratoire a lieu hors de l’eau, il n’y aura pas de séquelles. Si elle a lieu dans l’eau, il s’agit d’une noyade.

La perte de contrôle moteur est un trouble des fonctions motrices lié aussi à une baisse du taux d’oxygène, qui peut lui-même précéder une syncope.

Symptômes :

  • Dès avant l’accident :
    • Le plongeur est pâle.
    • Le plongeur ralentit fortement, ses mouvements s’arrêtent, ses muscles se relâchent.
  • En cas de syncope : En apnée verticale, elle se produit généralement dans les derniers mètres, à l’approche de la surface. En apnée horizontale, elle devient de plus en plus probable à l’approche d’un mur, lorsque le plongeur se force pour terminer une distance donnée.
    • Le plongeur perd connaissance.
    • Il ne respire pas.
  • En cas de perte de contrôle moteur : Elle peut survenir juste avant l’émersion, mais aussi jusqu’à 20 secondes après le retour en surface.
    • Le plongeur est pris de tremblements, de mouvements désordonnés, de picotements dans les mains.
    • Le plongeur ne maîtrise pas sa position en surface, il est sur le point de basculer sur le côté.
    • Le plongeur émet des sons étranges par sa respiration (des contractions automatiques du diaphragme provoquent un mouvement d’air dans sa trachée, et le plongeur ne contrôle plus ses cordes vocales).

Conduite à tenir :

  1. Dès la détection (ou le doute quant à) des premiers symptômes, il faut descendre pour aller saisir le plongeur. Les apnéistes utilisent une prise particulière pour lui obstruer les voies aériennes : la main est posée sur le visage de la victime, paume contre sa bouche, tandis que le pouce et l’index lui pincent le nez.
  2. Remonter la victime. Il n’y a pas une seconde à perdre, il faut à tout prix éviter que la reprise inspiratoire ait lieu en immersion. Si la prise des apnéistes n’est pas maîtrisée, l’important est de remonter à toute vitesse.
  3. Lui maintenir les voies aériennes hors de l’eau.
  4. Hisser la victime à bord du bateau ou sur le bord de la piscine.
  5. Si la victime est toujours inconsciente, suivre le protocole de secours (position latérale de sécurité en cas de respiration, oxygène dans le cas contraire, etc.)

Prévention :

  • Ne jamais pratiquer l’apnée seul. Toujours être surveillé, par une personne capable de descendre à la profondeur atteinte.
  • Toujours prendre le temps de ventiler correctement avant chaque apnée, par exemple pendant une minute, avec de grandes inspirations et de grandes expirations, lentement. Proscrire l’hyperventilation, quelque soit le contexte (entraînement de natation avec séance spécifique d’apnée, balade d’exploration en mer, etc.).
  • Ne jamais forcer une apnée (en apnée horizontale). Ne jamais descendre à une nouvelle profondeur sans encadrement spécialisé (en apnée verticale).

Les incidents liés au froid

Mécanisme : relire le cours sur le froid et les dangers du milieu (N1), les accidents de plongée (N2) et les accidents de plongée (N3).

Les échanges thermiques entre deux corps physiques en contact se font principalement par conduction et suivent les propriétés suivantes :

  • sens : du plus chaud vers le plus froid,
  • intensité : proportionnelle à la différence de température, et fonction des matériaux en contact.

La température interne du corps est d’environ 37°C, et la température de sa surface est un peu inférieure. L’eau dans laquelle nous plongeons n’est jamais aussi chaude : il y a donc toujours une perte calorique.

Nu dans l’eau, le transfert de chaleur serait important : le corps se refroidit 25 fois plus vite dans l’eau que dans l’air. Nous portons donc une combinaison. Avec les combinaisons humides et semi-étanches, une mince pellicule d’eau se forme entre la peau et la combinaison. Le transfert thermique entre le corps et l’eau doit donc se faire à travers ce film aqueux puis à travers la combinaison : il est donc fortement atténué. Dans une combinaison humide, l’eau circule assez fortement au niveau des ouvertures, alors qu’une combinaison semi-étanche dispose de manchons à retourner aux extrémités pour freiner l’entrée et la sortie d’eau.

De plus, en plongée, le refroidissement du corps est accentué par la faible température du gaz respiré. C’est souvent une des premières constatations que l’on fait en commençant la plongée, à laquelle on s’habitue et que l’on finit par oublier. En effet, la détente du gaz au sein du détendeur le refroidit (lire le cours sur le matériel), depuis la température ambiante (par exemple 25°C) vers une valeur inférieure. Les parois des voies aériennes (bouche, gorge, trachée, poumons), à 37°C environ, sont donc en communication avec un gaz de température nettement inférieure, ce qui entraîne un transfert de chaleur vers le gaz, chaleur qui sera perdue lors de l’expiration.

Nous avons vu dans le cours sur la circulation sanguine que le froid entraîne une redistribution des volumes sanguins (le blood shift), délaissant la périphérie pour affluer vers le thorax. Moins alimentés par le sang chaud, les membres et les extrémités (en particulier les doigts et les oreilles) sont donc refroidis plus fortement.

La diminution du volume sanguin, en réaction à cette redistribution sanguine (et à l’origine de la diurèse d’immersion), ralentit le processus de désaturation après la plongée.

Le froid n’est seulement responsable des symptômes cités ci-après. Il est aussi un facteur favorisant de plusieurs accidents de plongée, comme l’accident de décompression, la narcose, et l’essoufflement.

Symptômes :

  • Le plongeur a les bras croisés, les mains sur les avant-bras opposés, les épaules remontées.
  • Il tremble ou frissonne.
  • La mâchoire tremble derrière le détendeur (les dents ne peuvent claquer à cause de l’embout).
  • Il semble distrait, il n’est plus attentif, il n’a plus d’intérêt pour la plongée.
  • Il est plutôt raide, il cherche à minimiser ses mouvements (pour ne pas que l’eau circule dans sa combinaison).

Conduite à tenir :

  • Au moindre doute, remonter jusqu’à une profondeur où la température est supérieure (éventuellement, prétexter une sensation de froid chez soi). Si la situation s’améliore, la plongée peut continuer, mais elle ne doit pas s’éterniser car le corps continue de se refroidir.
  • Si nécessaire, remonter en surface. Il sera toujours possible de redescendre s’il s’agissait d’une incompréhension.
  • En cas de froid extrême, voire de malaise, engager une remontée assistée et suivre le protocole de secours.

Prévention :

Avant la plongée :

  • Lorsque les plongeurs utilisent des combinaisons qui ne sont pas les leurs (en cas de prêt de matériel par la structure d’accueil par exemple), vérifier qu’aucun n’a enfilé une combinaison ostensiblement trop grande. Vérifier aussi que les manchons des combinaisons semi-étanches sont bien retournés.
  • Lorsque les plongeurs utilisent leur combinaison personnelle, s’assurer que l’épaisseur est compatible avec la température de l’eau.
  • Ne pas hésiter à commenter l’absence de cagoule chez certains plongeurs si l’eau est froide, en leur demandant s’ils sont certains de ne pas vouloir en porter.
  • Montrer l’exemple en suivant les conseils appris au niveaux précédents (bien manger le matin, se couvrir sur le bateau, etc.)

Pendant la plongée :

  • Se méfier des personnes qui affirment n’avoir jamais froid, car, d’une part, elles se mettent en difficulté lorsqu’il leur faudra indiquer qu’elles ont froid, mais, d’autre part, elles incitent aussi les autres plongeurs à se forcer.
  • Se retenir d’uriner (sauf si cela devient pressant) pendant la plongée permet de garder une masse chaude à l’intérieur de soi.

Après la plongée :

  • Si du thé ou du café est disponible à bord du bateau, en proposer à sa palanquée.
  • Rester avec sa palanquée lors du trajet de retour en bateau et surveiller.
  • Montrer l’exemple en se séchant, en se couvrant, voire même en se changeant totalement.

La déshydratation

Mécanisme et symptômes : La redistribution des volumes sanguins, due à la pression hydrostatique de l’eau (relire le cours sur la circulation) et accentuée par le froid, entraîne la production d’urine par les reins à partir du plasma sanguin, dans le but de faire face à une pression sanguine accrue au niveau du thorax. Après la plongée, le sang se redistribue normalement dans le corps, mais son volume total a donc baissé. Le corps est déshydraté.

En surface, l’air contient naturellement des traces d’eau, sous forme gazeuse, qui résultent de l’évaporation des flaques d’eau, des fleuves (et même de la mer, dit-on 😄). De plus, lors de la respiration par le nez, l’humidification de l’air inspiré est renforcée par les muqueuses nasales puis par le reste des voies aériennes. Il y a donc un transfert d’eau du corps vers ce gaz. A l’expiration, cette quantité d’eau est perdue. Le corps de déshydrate donc en permanence. Lors de la respiration buccale, cette humidification est moins efficace : elle a lieu au sein de la bouche et de la gorge, puis dans la trachée, les bronches et les alvéoles. Pourtant, en plongée, l’air respiré contient lui-même très peu d’eau : avant sa compression dans la bouteille, il a été séché afin de protéger les parois métalliques de la corrosion (lire le cours sur le matériel). Le transfert d’eau du corps vers le gaz présent dans les poumons est donc renforcé (quand bien même il ne se fait pas dans le nez). C’est un deuxième facteur de déshydratation en plongée.

La désaturation est ralentie, et le risque d’accident de décompression est augmenté. Par ailleurs, la déshydratation est aussi un facteur favorisant l’apparition de crampes (c’est un phénomène connu en entraînement de nage, en piscine) et l’essoufflement en immersion.

Prévention :

Avant la plongée : Montrer l’exemple à sa palanquée en s’alimentant et en buvant correctement avant la plongée.

Après la plongée : Inciter la palanquée à boire pour compenser la perte d’eau du corps. Si des boissons (thé, café, eau) sont disponibles sur le bateau, en proposer au groupe. Dans le cas contraire, montrer l’exemple en utilisant sa gourde personnelle.

Remarque : Se retenir d’uriner pendant la plongée n’a pas d’influence directe sur la déshydratation.

La syncope thermo-différentielle

Mécanisme : Nous avons vu dans le cours sur la circulation qu’en réaction au froid, les vaisseaux sanguins périphériques se contractent : on parle de vasoconstriction périphérique. Le sang afflue depuis les membres vers le thorax, ce qui augmente la pression artérielle. Pour faire face à cette hypertension, le système nerveux ordonne au cœur de baisser sa fréquence. La circulation est donc ralentie. Le cerveau, notamment, est moins bien alimenté en oxygène.

Si ce processus se fait rapidement, il peut entraîner un évanouissement (perte de connaissance). Cela peut par exemple être le cas lors de la mise à l’eau.

La syncope thermo-différentielle (ou hydrocution) peut se produire en milieu naturel (lorsque l’eau est froide) ou en piscine (lorsque les plongeurs sont peu couverts).

Symptômes : Le plongeur perd connaissance. Il peut respirer ou non.

Conduite à tenir : Si un plongeur de la palanquée perd connaissance lors de la mise à l’eau (suite à un saut droit par exemple), il faut le remonter en surface immédiatement et lui maintenir les voies aériennes hors de l’eau, éventuellement avec le détendeur en bouche. Ensuite, il faudra le hisser à bord et engager le protocole de secours s’il n’a pas repris ses esprits.

Prévention :

  • Une combinaison d’épaisseur adaptée à la température de l’eau et le port de la cagoule participent à la prévention de l’hydrocution.
  • Le guide de palanquée doit toujours être la première personne de la palanquée à se mettre à l’eau.
  • Si l’eau est froide, la vigilance doit être renforcée. Les mises à l’eau des uns et des autres devraient être successives, et non simultanées.
  • Se positionner proche de l’endroit de chute des plongeurs et accompagner du regard leurs arrivées dans l’eau, détendeur en bouche et main sur la purge du gilet, prêt à intervenir si l’un d’entre eux ne remonte en surface pas immédiatement.
Les accidents de plongée (N4)

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