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Rappels : relire les accidents de plongée (N1) et le froid (N1)

Les mécanismes des accidents cités ci-dessous sont déjà connus depuis le niveau 1. Ce qui change au niveau 2 est la connaissance plus fine attendue des plongeurs de la prévention et de la réaction à avoir face aux situations à risques, eu égard aux nouvelles prérogatives d’évolution acquises.

A partir du niveau 2, la plongée dans l’espace médian (entre 0 et 20 mètres) peut se faire en autonomie, c’est-à-dire en compagnie d’autres plongeurs niveau 2, sans guide de palanquée ou moniteur. Il est donc important d’avoir une certaine connaissance des accidents afin de prévenir leur apparition en se comportant de façon adéquate avant, pendant, et après la plongée, et savoir intervenir si un cas se présentait.

La plongée dans l’espace lointain (entre 20 et 40 mètres) accentue le risque d’apparition de certains accidents par rapport à la plongée pratiquée dans l’espace proche. Si au niveau 2 on n’y plonge pas en autonomie mais encadré par un guide de palanquée, il est pourtant nécessaire de connaître les gestes de prévention favorisant la pratique de l’activité en sécurité. Il faut aussi noter que certains de ces gestes interviennent avant et après la sortie, donc potentiellement en dehors des moments passés avec les encadrants. Enfin, comprendre la situation permet aussi de ne pas gêner l’intervention des secours si un accident arrivait.

Les accidents que nous étudierons sont :

  • les multiples barotraumatismes : barotraumatismes des oreilles, des sinus, des dents et du tube digestif, placage de masque, et surpression pulmonaire
  • l’accident de décompression,
  • l’œdème pulmonaire d’immersion,
  • la narcose,
  • l’essoufflement,
  • le froid,
  • les petites blessures diverses.

Généralités

😱 Il peut m’arriver tout ça ?

La liste des accidents ne doit pas conduire à psychoter ! Des centaines de milliers de plongées ont lieu en France chaque année et on ne dénombre que peu d’accidents. La raison de ce faible taux est justement la connaissance qu’ont les plongeurs des risques encourus et les mesures de précaution à prendre pour limiter ces risques.

Les accidents seront ici toujours présentés de la même façon :

  • le mécanisme est le fonctionnement physiologique,
  • les symptômes sont ce que l’on peut constater, chez soi ou chez l’autre,
  • la conduite à tenir est le comportement à adopter si la situation se présentait,
  • la prévention est l’ensemble des gestes permettant de diminuer le risque d’apparition de la situation.

Les barotraumatismes

Le barotraumatisme de l’oreille

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir : En plongée en autonomie, dès qu’un des plongeurs signale qu’il a mal à une oreille, la palanquée entière doit arrêter la descente et remonter d’au moins quelques mètres. Si un plongeur descend plus lentement que les autres, s’il traîne à une profondeur inférieure, il se peut qu’il soit en train de sentir une oreille se bloquer mais n’ose pas en parler. Un comportement responsable consiste alors à remonter légèrement.

Prévention : En plongée en autonomie, on est souvent concentrés sur bien des choses : un coéquipier qui s’amuse, l’orientation, la surveillance des paramètres sur l’ordinateur et de la consommation sur le manomètre. Pour autant, il ne faut pas oublier de faire passer les oreilles dès que la moindre sensation de gêne apparaît.

Par ailleurs, la plongée en autonomie se fait souvent entre amis et “donne des ailes”. Il faut pourtant éviter tout comportement incitant les plongeurs à descendre trop rapidement et ne pas mettre la pression à quiconque. Tout le monde n’a pas la même facilité à descendre !

Enfin, il faut éviter les profils de plongée en yo-yo, comportant de nombreuses remontées et descentes, qui ont tendance à bloquer les oreilles. Rappelons-nous qu’en autonomie, ce sera à nous de gérer la profondeur pendant toute la plongée !

Et aussi : Si une oreille passe mais pas l’autre, le plongeur peut avoir le tournis, il perd l’équilibre et ne sait plus où se trouve le haut et le bas : on appelle cela les vertiges alterno-bariques. Si cela nous arrive, il faut le signaler tout de suite aux coéquipiers avec le signe “j’ai des vertiges”. Si cela arrive à un coéquipier, il faut engager une remontée assistée.

Le barotraumatisme du sinus

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir et prévention : Le mécanisme étant similaire au barotraumatisme de l’oreille, les mêmes consignes s’appliquent.

Le barotraumatisme des dents

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir : Si la douleur intervient à la descente (chez soi ou chez un coéquipier), remonter légèrement jusqu’à sa disparition. Inversement, si la douleur intervient à la remontée, redescendre légèrement pour atténuer la douleur, et remonter ensuite tout doucement.

Prévention : Effectuer une visite annuelle chez le dentiste, en précisant que l’on pratique la plongée sous-marine, afin de faire soigner les caries.

Les barotraumatismes de l’estomac et des intestins

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir : Comme pour les cas précédents, si la douleur intervient à la descente (chez soi ou chez un coéquipier), remonter légèrement jusqu’à sa disparition. Inversement, si la douleur intervient à la remontée, redescendre légèrement pour atténuer la douleur, et remonter ensuite tout doucement.

Le placage de masque

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir : Si la situation se produit chez soi ou chez un coéquipier, il faut remonter à la surface et arrêter la plongée. En pratique, les rougeurs au niveau des yeux sont surtout détectées après la plongée, en enlevant le masque. Il faudra alors consulter un médecin.

La surpression pulmonaire

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Conduite à tenir : En autonomie, si un des plongeurs de la palanquée était victime de cet accident à la remontée, il faut intervenir en remontant la personne en surface puis gonfler son gilet. Ensuite, effectuer le signe de détresse en direction du bateau, par de grands mouvements de claquement d’un bras sur la surface de l’eau. Si le bateau ne peut pas se déplacer, il faudra positionner la victime sur le dos, détendeur en bouche (afin qu’elle puisse respirer en cas de vague), et la tracter jusqu’à l’embarcation.

Sur le bateau, la victime sera prise en charge par les personnes assurant la sécurité de surface. De l’oxygène lui sera fourni via un masque. Les secours seront alertés. En attendant leur arrivée, la victime sera allongée, réchauffée et sera incitée à boire de l’eau. A leur arrivée, elle sera transférée immédiatement vers l’hôpital.

Prévention : En autonomie, il n’y aura plus d’encadrant pour surveiller que l’on souffle bien à la remontée ! Remonter très lentement augmente notre sécurité car cela nous fait garder une respiration continue, normale.

Par ailleurs, si l’on croise un apnéiste pendant la plongée (ce qui est rare, en pratique), il ne faut jamais lui proposer d’air avec notre détendeur de secours, même pour rire. En effet, l’apnéiste n’a pas le réflexe de souffler en remontant et risque de subir l’accident.

Une erreur courante est de confondre la surpression pulmonaire avec l’accident de décompression. S’il est vrai que les deux accidents sont liés, leurs mécanismes sont néanmoins très différents.

L’accident de décompression

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1) ainsi que les procédures de désaturation (N2), en portant une attention particulière aux principes de saturation et de désaturation.

Mécanisme : Lorsque la pression augmente, l’azote de l’air respiré se dissout progressivement dans le sang et dans les tissus humains. Ce phénomène de saturation est d’autant plus fort que la plongée est longue et profonde. A la remontée a lieu le phénomène inverse, la désaturation : le gaz passe de sa forme dissoute dans le sang à la forme gazeuse dans les poumons. A la remontée, si la vitesse d’ascension est trop rapide, la pression chute brutalement et la désaturation se fait de façon anarchique : des bulles peuvent se créer dans le sang ou dans les tissus. De plus, puisque la pression diminue, le volume des bulles va augmenter (c’est la loi de Boyle-Mariotte). En fonction de l’endroit où ces bulles se forment et se coincent (dans les vaisseaux sanguins, dans les tissus, dans les articulations), différents effets pourront être observés.

Symptômes : Les symptômes d’un accident de décompression apparaissent généralement après la sortie de l’eau, et jusqu’à vingt-quatre heures après la plongée.

Peuvent être constatés :

  • des fourmillements dans les doigts des mains ou des pieds,
  • des plaques rouges sur le corps,
  • une douleur dans une articulation (le genou, le coude, l’épaule, la hanche) ou dans un membre, qui sera légère au début, puis croissante jusqu’à devenir très forte.

Le plongeur peut aussi être victime :

  • de vertiges, ressemblant au mal de mer, ou d’une baisse de l’audition, ressemblant à un problème d’équilibrage,
  • d’un inconfort, d’une douleur ou d’une difficulté respiratoire,
  • de douleurs vives (comme un “coup de poignard”) dans le dos,
  • de la perte d’un sens, d’une impossibilité d’uriner (alors qu’il en a envie) ou au contraire d’incontinence,
  • d’un engourdissement, d’une paraplégie, hémiplégie, de la paralysie d’un membre,
  • de confusion, d’une crise d’angoisse, de maux de tête, de nausées, de troubles de la vision (par exemple, une tache dans le champ de vision), d’une fatigue intense (par exemple, des difficultés à se lever),
  • d’une perte de connaissance, d’un coma.

Des séquelles peuvent persister après la fin de l’accident.

Conduite à tenir :

Plus l’accident est détecté tôt, plus grandes sont les chances qu’il y ait peu ou pas de séquelles. Au moindre symptôme, même léger, il faut en parler au directeur de plongée ou à un encadrant si l’on est encore sur le site ou si l’on dispose d’un moyen de les contacter. Ceux-ci évalueront la situation alerteront éventuellement les secours. En attendant leur intervention, nous serons allongés, réchauffés et mis sous oxygène, et invités à boire de l’eau. Le traitement de l’accident se fait ensuite généralement par recompression dans un caisson hyperbare au sein d’un hôpital. Un caisson est une petite chambre (une structure métallique ressemblant à un sous-marin) dans laquelle on entre et au sein de laquelle la pression est progressivement augmentée, comme si nous plongions au sec. L’augmentation de la pression permet de diminuer la taille des bulles coincées dans notre organisme (c’est la loi de Boyle-Mariotte) et leur permet de circuler dans le sang pour être éliminées. Ensuite, la pression est lentement diminuée, comme si nous remontions en fin de plongée, pour atteindre de nouveau la valeur atmosphérique d’un bar.

Lors de leur intervention, les secours peuvent souhaiter récupérer les ordinateurs de plongée, ou demanderont au minimum les paramètres (profondeur maximale, durée de plongée) et les événements importants de la plongée (remontée rapide, yo-yos, efforts, exercices, etc.)

Il faut aussi avoir en tête que si une personne de la palanquée est victime d’un accident de décompression, les autres doivent être vigilants à leur état de santé et surveiller l’arrivée de tout symptôme, car les mêmes facteurs favorisants peuvent provoquer les mêmes conséquences.

Prévention :

Avant la plongée :

  • Ne pas consommer d’alcool la veille et le jour même.
  • Bien dormir et se relaxer, plonger reposé physiquement et psychologiquement.
  • Savoir annuler la plongée si les deux consignes précédentes n’ont pas été respectées, sans honte, par exemple si l’on a fait la fête la veille.
  • S’hydrater.
  • Ne pas changer d’ordinateur entre deux plongées en moins de 24 heures, car le calcul de la désaturation de la deuxième plongée doit prendre en compte la désaturation de la première, qui n’est pas forcément terminée.

Pendant la plongée :

  • Eviter tout effort.
  • Proscrire les profils de plongée inversés (une descente progressive puis une remontée rapide)
  • Ne pas effectuer la manœuvre de Valsalva à la remontée (se rappeler qu’elle est inutile dans cette phase de la plongée).
  • Respecter les paliers et la vitesse de remontée indiqués par l’ordinateur.
  • Si les paliers qu’indique l’ordinateur sont différents de ceux indiqués par les ordinateurs des autres plongeurs de la palanquée (par exemple plus longs si l’on est descendu quelques mètres plus bas que les autres par erreur), ne pas chercher à le cacher.
  • Au palier, se mettre en position allongée et ne pas faire d’effort. (Cela implique d’y être bien stabilisé !)
  • Pendant le palier, effectuer de grandes respirations, ne pas chercher à économiser l’air pendant le palier. En particulier en autonomie, ne pas chercher à faire des compétitions de consommation d’air pour terminer avec plus d’air dans la bouteille que son coéquipier.

Après la plongée :

  • Si l’on rencontre une difficulté physique pour retourner au bateau (courant, houle), l’indiquer au guide de palanquée, qui avisera (faire déplacer le bateau, aider à nager, etc.) afin d’éviter tout effort violent.
  • De même, éviter tout effort lorsque l’on remonte sur le bateau (se faire aider pour remonter ou même dégréer dans l’eau si nécessaire) ou lorsque l’on porte le bloc.
  • S’hydrater avec une boisson à base d’eau (du café ou du thé chaud est parfois proposé directement sur le bateau)
  • Rester ensemble pendant les quelques heures qui suivent. Au moindre signe anormal (maux de têtes, douleur, voir les symptômes dans le cours du niveau 1), en parler aux autres plongeurs et au guide de palanquée.
  • Eviter les séances de sport, le portage de bagages très lourds, etc.
  • Continuer de s’hydrater.

L’œdème pulmonaire d’immersion

L’œdème pulmonaire d’immersion est un accident encore mal connu mais de plus en plus rencontré, notamment chez les personnes âgées.

Mécanisme : Au fur et à mesure de la descente, l’augmentation de la pression ambiante entraîne une redistribution des volumes sanguins. Le sang afflue vers le thorax, qui subit une forte pression sanguine. Cette augmentation de la pression sanguine thoracique peut occasionner le passage de liquide sanguin dans les poumons, qui ne peuvent alors plus remplir leur rôle correctement.

Symptômes : A la remontée ou lors de la nage en surface jusqu’au bateau ou jusqu’au bord, le plongeur s’essouffle. Il subit une gêne respiratoire angoissante, tousse et crache. Une fois en position allongée, sa respiration reste laborieuse. La face et les membres bleuissent (cyanose). Dans les cas les plus graves, la victime peut perdre connaissance.

Conduite à tenir :

  • Chez soi : Si l’on ressent un quelconque inconfort respiratoire pendant la plongée, il ne faut pas hésiter à le signaler aux coéquipiers à l’aide du signe d’essoufflement.
  • Chez l’autre : A l’inverse, si un plongeur de la palanquée présente ces symptômes pendant la plongée ou en surface, il faut le remonter, gonfler son gilet, l’allonger sur le dos avec le détendeur en bouche (afin qu’il puisse respirer même si des vagues lui éclaboussent la figure), puis le tracter jusqu’au bateau et aider les personnes assurant la sécurité de surface à sortir la victime de l’eau. A bord, la victime sera placée sous oxygène, elle sera réchauffée, et de l’eau lui sera proposée. Ensuite, les secours seront alertés pour que puisse avoir lieu une prise en charge médicale.

Prévention : La probabilité d’apparition de l’accident augmente avec l’âge. La visite médicale nécessaire pour la pratique de la plongée dans le cadre fédéral permet de faire le point annuellement sur son état de santé. Le médecin qui délivre le certificat médical peut décider d’imposer des restrictions de profondeur maximale, de durée de plongée ou d’autres conditions d’évolutions particulières s’il détecte que l’on est à risque, en particulier au-delà d’un certain âge. Cependant, ces conditions de pratique supplémentaires ne sauraient garantir notre sécurité absolue ! La vigilance et la prudence doivent être observées à tout moment.

La narcose

La narcose est un phénomène nouveau au niveau 2.

Mécanisme : Le mécanisme est toujours mal connu aujourd’hui. Le phénomène serait dû à la toxicité de l’azote à partir d’une certaine pression partielle, associé au dioxyde de carbone.

Symptômes : La narcose peut apparaître dès 30 mètres. A 40 mètres, elle est très courante. Les symptômes sont proches de l’ivresse alcooliques :

  • Le plongeur a un comportement incohérent, il semble absent.
  • Le plongeur est très joyeux, il éclate de rire (euphorie), ou à l’inverse, il angoisse.
  • Le plongeur est victime d’hallucinations.
  • Le plongeur perd la mémoire à court terme : il lit ses instruments de façon répétée, en boucle.
  • Le plongeur perd la notion du temps : il surestime de la durée de plongée écoulée et est surpris du temps affiché par son ordinateur.

Tous les plongeurs ne sont pas soumis à l’ensemble de ces effets. En fait, les symptômes sont très variables selon les personnes : chacun a une réaction différente. De petits tests de logique ou de mémoire sont un bon moyen de vérifier son état.

Si la descente continue, le phénomène s’aggrave et peut provoquer une perte de connaissance. En revanche, les symptômes disparaissent simplement à la remontée, même si cela peut prendre quelques minutes.

Conduite à tenir : La narcose peut rapidement provoquer un autre accident chez celui qui en est victime. De plus, une personne narcosée sera moins capable de participer à la surveillance mutuelle : il faut donc faire cesser la situation rapidement.

Cette situation ne peut se produire que lors de plongées au-delà des 30 mètres, donc, au niveau 2, encadrées par un guide de palanquée ou un moniteur.

  • Si on sent la narcose arriver chez soi, il faut l’indiquer sans tarder à l’encadrant à l’aide du signe “je suis narcosé”. La palanquée remontera au-dessus des 30 mètres et le problème passera. Si l’on se sent capable de continuer la plongée (ce qui ne va pas de soi, car la narcose peut surprendre et perturber), celle-ci pourra être prolongée à cette profondeur inférieure.
  • Si on suspecte une narcose chez un coéquipier, il faut l’indiquer à l’encadrant à l’aide des signes “lui”-“narcose”. Celui-ci prendra en charge la personne et fera remonter la palanquée au-dessus de 30 mètres. Pendant son intervention, il est judicieux de venir se placer dans son champ de vision, derrière la personne assistée, de façon faciliter à l’encadrant la double tâche d’assistance du narcosé et de surveillance du reste de la palanquée.

Prévention :

Avant la plongée :

  • Annuler la plongée en cas de fatigue (effort physique, manque de sommeil, soirée arrosée)

Pendant la plongée :

  • Descendre la tête en haut si l’on est sensible au phénomène.
  • Garder des repères visuels lors de la descente : roche, surface, fond, particules, faune.
  • Adopter les gestes de prévention contre le froid (qui est un facteur favorisant la narcose), et éviter les efforts physiques.

Pendant un séjour :

  • S’habituer progressivement à la profondeur : la première plongée d’un stage doit toujours être une plongée de réadaptation.

L’essoufflement

Rappels : relire cet accident dans le cours sur les accidents de plongée (N1)

Dans le jargon des médecins et des plongeurs, le verbe ventiler est équivalent au terme respirer, consistant à inspirer puis expirer.

Symptômes :

Chez soi :

  • une envie pressante de respirer,
  • une ventilation rapide et de faible amplitude (haletante),
  • un sentiment d’étouffement et de panique.

Chez l’autre :

  • un flux continu de bulles s’échappant du détendeur,
  • une grande masse de bulles au-dessus,
  • une grande agitation (des mouvements désordonnés des bras et des jambes),
  • une position verticale (alors que les autres plongeurs sont allongés horizontalement),
  • le signe d’essoufflement.

En pratique, une personne en état d’essoufflement en effectue rarement le signe. Son esprit est trop occupé par la sensation d’étouffement. Si rien n’est fait pour corriger la situation rapidement, le plongeur risque de lâcher son détendeur (involontairement par mouvements désordonnés, mais aussi volontairement en le retirant à la main dans un réflexe de panique car il n’arrive plus à respirer correctement dedans) et remonter en panique à toute vitesse. Une syncope peut aussi se produire.

On appelle syncope une perte de connaissance due à un manque d’oxygène.

Conduite à tenir :

Si l’on détecte un début d’essoufflement chez soi :

  • arrêter tout effort immédiatement (palmage, mouvements de bras),
  • se concentrer sur l’expiration, en soufflant au maximum dans son détendeur, même si la sensation est désagréable, car on a plutôt envie de gonfler ses poumons en permanence,
  • effectuer le signe d’essoufflement à un coéquipier.

Si l’on détecte un essoufflement chez un coéquipier :

  • Dans le cadre d’une plongée en autonomie : intervenir sur la personne, prévenir l’éventuel troisième plongeur du groupe que l’on remonte (signe “remonter”) puis engager immédiatement une remontée assistée (lire le cours sur la remontée assistée – N2). Remonter d’au moins dix mètres. Si la situation ne s’améliore pas au cours de la remontée, continuer jusqu’en surface. Arrivé en haut, gonfler le gilet de la victime, l’allonger sur le dos, détendeur en bouche, effectuer le signe de détresse, et tracter la personne jusqu’au bateau.
  • Dans le cadre d’une plongée encadrée : attirer immédiatement l’attention du guide de palanquée (en criant, en attrapant sa jambe ou son bras) et lui montrer la personne essoufflée. Celui-ci engagera immédiatement une remontée assistée. Se placer dans son champ de vision pendant la remontée est un bon réflexe.

L’intervention sur une personne en état d’essoufflement doit être rapide et amener à remonter sans tarder. Il est tentant de dire à la victime de se calmer, d’arrêter de palmer, d’expirer. Cependant, en pratique, seule la remontée est véritablement efficace pour arrêter un essoufflement. Chaque seconde perdue à discuter accentue le risque de voir la personne paniquer et remonter à toute vitesse en surface.

Prévention :

Avant la plongée :

  • Ajuster son lestage en effectuant un test. (En effet, être sur-lesté favorise fortement l’apparition d’essoufflement, en particulier pour les plongées profondes entre 20 et 40 mètres.)
  • Se protéger du froid.
  • Ne pas plonger en cas d’appréhension, d’angoisse.
  • Ne pas plonger en cas de fatigue.
  • Après la mise à l’eau et la nage en surface jusqu’au point d’immersion, ne pas s’immerger immédiatement si l’on est un peu essoufflé. Attendre un peu pour se détendre afin de pouvoir s’immerger calmement. Cela est notamment important en cas de léger courant ou de houle.
  • Contrôler le réglage de son détendeur : s’il comporte deux positions “pre-dive” et “dive”, bien s’assurer qu’il est sur la deuxième dès le début de la descente.
  • Pratiquer une activité sportive régulière, bien s’entraîner toute l’année.

Astuce : Le curseur en position “pre-dive” s’utilise lors de la mise à l’eau et en surface, pour éviter que le détendeur ne fuse trop facilement dès qu’il n’est plus en bouche et traîne à la surface de l’eau, moustaches vers le haut (ce célèbre “pshhhhhhit” assourdissant). Si on l’utilise, il ne faut pas oublier de remettre le curseur sur “dive” dès l’immersion !

Pendant la plongée :

  • Ajuster sa stabilisation à tout moment. (En effet, être mal stabilisé nous fait palmer inutilement et favorise donc fortement l’apparition d’essoufflement, en particulier pour les plongées profondes entre 20 et 40 mètres.)
  • Insister sur l’expiration.
  • Garder une respiration continue : en effet, faire des apnées (en bloquant sa respiration) en plongée en scaphandre n’a aucun effet positif sur la consommation d’air, c’est un comportement à éviter.
  • Eviter les efforts : se déplacer lentement, ne pas lutter contre le courant s’il l’on en croise.
  • Pour remonter, utiliser le gonflage du gilet plutôt que le palmage.

Le froid

Rappels : relire le froid et les dangers du milieu (N1).

Conduite à tenir :

  • Chez soi : Lorsque l’on a froid en cours de plongée (ou même avant), il ne faut pas hésiter un instant à le faire savoir à ses coéquipiers. Si l’on n’ose pas le montrer, il faut se dire qu’un d’entre eux a peut-être froid aussi et n’ose pas non plus le montrer. Oser effectuer le signe “j’ai froid” permet d’aider les plus réservés.
  • Chez les autres : Les signes évidents sont les frissons et tremblements, le recroquevillement (les bras croisés contre le torse, les mains sur les avant-bras)et la perte d’habileté motrice (les doigts, légèrement paralysés, ont du mal à appuyer sur les boutons de l’inflateur du gilet ou de l’ordinateur). De plus, un plongeur qui a froid ne montre plus d’intérêt pour la plongée. Dans ces cas, il est judicieux de demander à la personne si elle a froid.

Lorsque nous avons froid, très vite, notre esprit est focalisé sur cette sensation désagréable. Nous attendons la fin de la plongée sans en profiter. De plus, nous devenons moins attentifs aux autres, donc moins aptes à réagir en cas de problème (panne d’air, malaise, etc.)

Si l’un des plongeurs a froid, toute la palanquée doit entamer la remontée. Revenir vers des profondeurs inférieures permet souvent de se placer dans de l’eau plus chaude – notamment en dépassant la thermocline, cette séparation entre deux masses d’eau de température différente. Si le plongeur continue d’avoir froid, il faut arrêter la plongée et remonter sur le bateau.

Les petites blessures

Sur le bateau :

  • Mécanisme : En tant que plongeurs autonomes, nous serons souvent moins surveillés que les plongeurs débutants sur qui l’attention des guides de palanquée, moniteurs et du directeur de plongée est focalisée. Pourtant, une chute est vite arrivée en cas de houle, notamment lorsque l’on marche avec le scaphandre sur le dos.
  • Prévention : Il nous faudra donc rester vigilants et prudents dans tout déplacement. Ranger tout l’équipement dans une caisse ou un filet est un bon réflexe pour éviter que des plongeurs ne se prennent les pieds dedans.

Au fond :

  • Mécanisme et symptômes : Certains animaux n’aiment pas être dérangés et peuvent se montrer offensifs dès que l’on se montre envahissant, comme les murènes dont la morsure est très douloureuse, les homards dont les pinces sont acérées, ou certaines espèces tropicales dont le venin est puissant. Les méduses peuvent piquer si l’on vient à entrer en contact avec elles par inattention. Enfin, poser ses mains sur la roche (en cas de mauvaise stabilisation ou pour venir regarder dans un trou) peut provoquer des piqûres de la part de la faune et la flore microscopiques installées à l’endroit touché, ou provoquer des coupures ou des effleurements de la main lorsque le relief est saillant.
  • Conduite à tenir : En cas de morsure par une espèce venimeuse, il est préférable de remonter en surface sans tarder, en parler au directeur de plongée et consulter un médecin. Les blessures peuvent être soignées avec la trousse de secours qui est toujours présente à bord du bateau. Dans tous les cas, il faut éviter de replonger si l’atteinte est sérieuse.
  • Prévention : L’absence de guide de palanquée, le fait de plonger entre amis et l’expérience accumulée incite parfois à être joyeux et aventureux au fond. Pourtant, il faut garder un comportement responsable à tout moment, tant pour sa sécurité que pour celle des autres.

Synthèse

Cette section est en cours de rédaction.

Les accidents de plongée (N2)

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